Chronique : Nous les menteurs – E. Lockhart

Titre : Nous les menteurscouv41416010
Auteur : E. Lockhart
Editions : Gallimard jeunesse
Date de sortie : 4 mai 2015
Nombre de pages : 273
Genre : Jeunesse/Young-adult, Contemporain

Résumé : Une famille belle et distinguée. Une île privée.
Une fille brillante, blessée ; un garçon passionné, engagé.
Un groupe de quatre adolescents – les Menteurs – dont l’amitié sera destructrice.
Une révolution. Un accident. Un secret.
Mensonges sur mensonges.
Le grand amour. La vérité.

MON AVIS

Nous les menteurs traînait dans ma PAL numérique depuis un petit bout de temps maintenant, et je ne m’étais pourtant jamais lancée dans cette lecture, sans aucune raison particulière, ne sachant même pas ce dont ce roman allait parler, ni les avis qu’il avait reçus. J’aime me lancer dans des livres sans jamais en savoir trop et c’est donc ce que j’ai fait avec ce roman qui m’a véritablement happée

Nous les menteurs nous plonge au coeur de la famille Sinclair, remplie de petites têtes blondes bien pleines et bien faites. La famille Sinclair, c’est l’archétype de la famille riche américaine. Ils sont beaux, ils sont riches, ils ont tout pour réussir, pour être heureux et vivre une vie pleine de privilèges toute leur existence. C’est la famille parfaite, exemplaire, enviée. Parfaite, en apparence seulement. Au début de ma lecture, j’avouerai que j’ai eu un peu peur des clichés que je pourrais trouver. En effet, on retrouve un schéma familial assez classique en ce qui concerne la famille riche de base : une figure patriarcale dominante incarnée par le grand-père, entouré de ses grandes et jolies filles qui lui ont fait de bien jolis petits-enfants, blonds évidemment. Dans cette famille, tout est une question de paraître. La supériorité des Sinclair tient à l’image qu’ils se donnent tant de mal à dorer pour ne pas que leurs failles puisse exister au regard de personnes étrangères à leur famille. Alors oui, clairement, on est dans le cliché. Et pourtant, ça n’a absolument pas gêné ma lecture. J’ai adoré découvrir la vie de cette famille au cours de ces différents été où les petits-enfants, cousins et cousines, les Menteurs, se retrouvaient, chaque année avec joie. J’ai aimé connaître les rituels, les traditions, les travers de cette famille qui pourtant, avait tout pour être détestée.

Nous les menteurs, c’est une histoire de famille mais pas que. En fait, cette histoire est vraiment particulière. Dès le début, on sent qu’il y a quelque chose d’étrange, quelque chose qui nous interpelle sans qu’on puisse vraiment mettre le doigt dessus. Dès le début, on sent que quelque chose s’est passé, que l’auteur veut nous amener quelque part, mais sans savoir où. La lecture de cette histoire a été pour moi quelque peu déstabilisante, parce que j’avais parfois l’impression de ne rien comprendre, et pourtant je ne pouvais m’empêcher de continuer à faire défiler les pages, extrêmement curieuse de découvrir ce qu’il s’était passé ce fameux été 17. E. Lockhart sème beaucoup de mystère tout au long de son roman, nous perdant volontairement au milieu de dizaines d’hypothèses, de questionnements, sans jamais nous révéler la vérité. La vérité, c’est à la toute fin qu’on la découvre. Et pour tout vous dire, cette fin m’a complètement scotchée. Je croyais avoir une petite idée sur le dénouement final, et autant dire que je me suis complètement plantée. Je n’ai vraiment, mais vraiment pas vu venir ce twist et j’ai donc été très surprise mais aussi envahie par tout un tas d’émotions : surprise, incrédulité, tristesse… Alors oui, certains pourront dire que cette fin est un peu tirée par les cheveux, mais avec moi ça a fonctionné. Et pas qu’un peu. Je garde un excellent souvenir de ma lecture, en partie grâce à ce final, pour moi époustouflant.

De plus, Nous les menteurs vaut le détour pour ses personnages, et les liens qu’ils tissent entre eux. Des liens solides, malgré la fragilité des apparences. Nous les menteurs, c’est aussi une histoire d’amour et d’amitié. C’est une histoire sur les êtres, sur les liens qui les unissent. J’ai aimé cette relation touchante qu’il existait entre les différents petits-enfants Sinclair, les Menteurs. J’ai aimé ce petit brun dont l’héroïne était amoureuse, ce brun qui n’était pas de la famille, et qui pourtant se retrouvait sur cette île tous les étés, et qui était doté d’une certaine intelligence, d’une conscience des choses, d’une conscience de cette différence, ce fossé qu’il existerait toujours entre Eux et lui. J’ai aussi aimé comprendre les liens familiaux qui existaient entre les soeurs et leur père. Je trouve que l’auteure a parfaitement su décrire ces liens complexes, que l’on retrouve dans n’importe quelle famille. Au final, on se rend compte que les Sinclair ne sont pas si différents du commun des mortels. Malgré la façade toute lisse et bien brillante, ce sont des hommes comme vous et moi, qui ont leurs faiblesses, leurs failles. Ce ne sont pas des surhommes comme on veut nous le faire croire, ou comme ils semblent le penser parfois. Non, ils sont comme nous, avec un petit quelque chose en plus. Oui, mais ce petit quelque chose en plus, l’argent, la vie dorée, ne fait pas le bonheur et ne fait certainement pas l’équilibre d’une famille. Bien au contraire. Pour moi, le pari est réussi pour l’auteure qui a parfaitement cerné les problématiques familiales dans son roman.

Si jamais vous hésitez, je ne peux que vous conseiller de vous lancer dans cette lecture, et surtout, ne pas vous arrêter en cours de chemin. Oui, vous pourrez être désarçonné au cours de votre lecture mais la fin vaut le détour et risque de vous laisser sans voix, comme moi. Ce livre a frôlé le coup de coeur. Ce n’en est pas un car il m’a peut-être manqué un petit quelque chose mais c’est vraiment une excellente lecture. Ce roman est un vrai pageturner, avec une écriture prenante et réellement addictive. Nous les menteurs se lit très vite puisque l’auteure glisse dans chacun de ses chapitres assez de mystères pour toujours nous donner envie de connaître la suite. Vous l’aurez compris, il faut que vous lisiez ce livre !

EN BREF

J’ai aimé : Le mystère, le fait de ne pas savoir où voulait nous mener l’auteure, la fin spectaculaire, le fait de partir d’un roman qu’on pourrait penser être un contemporain jeunesse pour finalement presque arriver à un thriller. La façon d’abord la complexité des liens familiaux.

J’ai moins aimé : il m’a manqué un petit quelque chose pour avoir un coup de coeur, mais j’ai trouvé énormément de points positifs à ce roman. J’aurais aimé peut-être encore plus de développement sur la famille, pour approfondir un peu plus les personnages.

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« Bienvenue dans la splendide famille Sinclair.
Chez nous, il n’y a pas de criminels.
Pas de drogués.
Pas de ratés.
Les Sinclair sont sportifs, beaux, sveltes. Nous sommes une vieille fortune. Nous sourires sont étincelants, nos mentons carrés, nos services de fond de court agressifs.
Qu’importe si les divorces nous lacèrent le cœur au point que notre pouls se débat. Qu’importe si les comptes fiduciaires se réduisent comme peau de chagrins ; si les relevés de cartes de crédits impayés trainent sur la table de la cuisine. Qu’importe si les flacons de cachets s’amassent sur la table de nuit. »

« Les maximes de la famille Sinclair :
Toujours montrer un peu plus de gentillesse qu’il n’en faut.
Ne jamais rien manger qui dépasse la taille de tes fesses.
N’accepte de mal rien de ce que tu pourras changer.
Fais toujours ce qui te fais peur.
Ne laissez jamais personne vous dire non. »

« Tu as remarqué que Harris ne m’appelle jamais par mon prénom ?
– Comment ça?
– Il m’appelle toujours « jeune homme » . Genre ; Comment s’est passée ton année scolaire , jeune homme?
– Pourquoi?
– Parce que s’il m’appelait par mon prénom , ce serait comme s’il me disait : Comment s’est passé ton année scolaire , garçon indien dont l’oncle indien vit dans le péché avec ma fille blanche et pure? »


Envie de découvrir ce roman ? Déjà lu ? Des romans du genre à me conseiller ? N’hésitez pas à me dire tout ça ! 🙂

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6 réflexions sur “Chronique : Nous les menteurs – E. Lockhart

  1. Je suis totalement d’accord avec toi ! Ce roman n’a pas non plus été un coup de cœur, mais il a été une excellente lecture 🙂 La fin m’a aussi étonnée, je ne m’y attendais pas du tout (en plus, j’ai mis du temps à la comprendre : je n’arrivais pas à croire que je m’étais attachée à des personnages qui n’existait plus !)

    Aimé par 1 personne

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